Pierre Delmas Torrell is based in Paris

Un objet naïf planque de dealers à Grenoble né d’une situation clandestine, entre nécessité (occupation du lieu, dissimulation de l’activité illicite …) et superflu (distraction, projection du domestique déplacée dans le contexte) se mue par des interventions volontaires multiples { police : saisie, journaliste : documentation et esthétisation, spectateur : divertissement, P. Delmas ( spectateur ) : désir et reproduction, P. Delmas ( Artiste ) : attribution du statut d’oeuvre, Galerie r -2 : volonté d’exposition } …en un objet culturel, complexe, esthétique, à haute capacité de contenance sémiotique. Les différentes translations { police : clandestinité → légalité, journaliste : dissimulation → exposition, spectateur : information → plaisir, P. Delmas ( spectateur ) : visualisation → possession, P. Delmas ( Artiste ) : profane → sacré, P. Delmas ( Artiste ) : décor → image, Galerie r -2 : proposition → considération Exposition : décor → oeuvre Galerie r -2 (fermée) : légalité → clandestinité } …remodèlent et créent ses attributs. Ces translations sont les vecteurs entre les différentes situations exposées plus haut : Situations dans lesquelles grâce au contexte, la destination, la confrontation, l’objet, se charge de récits et de caractéristiques qui contredisent son identité — identité avec laquelle il entre en jeu initialement dans la situation.— mais aussi, [ les intentions / processus de décision ] des intervenants car l’objet même de leurs décisions est perpétuellement muté. Le spectateur, en étant spectateur, et en l’appréhendant uniquement telle une oeuvre servie à lui pour son plaisir, est un illusionné : Il voit un objet statique alors que cet objet est sous ses yeux par la nécessité d’évoluer : sa fonction première . Cependant, il y a bien une fonction secondaire de présentation d’une oeuvre à un public et susciter communément un intérêt et une appréciation. C’est ce qui fait exister une instance de l’[ oeuvre / objet ] Parce que l’objet, au moment de sa récupération par l’artiste est conçu en dispositif d’empilement de [ signifiants / versions / instances ], il devient un dispositif entropique générant une expansion. La planque est à la fois l’objet et le constructeur d’objets qui lui seront analogues. Elle est donc un ensemble composé [ d’objets / de ses multiples instances ] — C’est un ensemble combinatoire — Une instance est par analogie la conséquence de plusieurs autres instances dans son propre historique → Sans que ce soit pour autant un système auto-génératif. Une instance est aussi la conséquence de causes contextuelles ou de décisions arbitraires. Ainsi, l’objet unique, global et analytique est une superposition de ses instances. Voici les instance réelles :

n° Ⅰ : instance initiale – modèle ‘Planque’ fonctionnelle, salle de détente, safe room, lieu de stockage (?), lieu de représentation(?). Salle carrelée, esthétisée de façon domestique. → Contenu : table basse, PlayStation, bonbons HARIBO, flasques de vodka, enceinte audio ‘J-Michel Jarre’, jeux vidéo, protéines de culturisme. → Causes fonctionnelles majeures : besoin de divertissement, de sécurité, de confort, de détente. → Causes culturelles majeures : le film Scarface, vidéos de rap, codes du luxe, magasins de décoration. → Changement d’état : saisie par la police ↳ Résultat : transfert du clandestin au légal et perte de la fonction.

n° Ⅱ : documentation Image capturée au moment de la saisie par la police, commentée et contenue dans un ensemble servant le récit du travail de la police conjointement à la criminalité en province. → Signifiants : luxe du mode de vie des dealers, importance des moyens déployés, insolite. → Causes fonctionnelles majeures : donner à voir une réalité impressionnante, captiver une audience, démontrer l’importance de la problématique du reportage → Causes culturelles majeures: imagerie de la criminalité, imagerie de la démonstration, valeur de l’exclusivité de l’image. → Changement d’état : le spectateur digère l’information comme un divertissement ↳ Résultat : métamorphose du fait divers en objet culturel

n° Ⅲ : reproduction par P. Delmas ( spectateur ) induite par le désir de posséder Reproduction plastique en volume et à l’échelle de l’objet — instance n° 1 — observé dans un reportage. — instance n° 2 — → Contenus : objets présents à l’image [détachés de leur fonctions / uniquement dans leur apparence approximative ] reproduits par des moyens plastiques conventionnels en partie excessifs et incohérents ( résine, fonte, bois, peinture ) → Abandon de signifiants : historique de l’objet, fonction des contenus → Causes fonctionnelles majeures : cohérence d’une reproduction uniquement formelle, moyens à porté de main. → Causes culturelles majeures: conscience du potentiel séduction de la criminalité dans la culture contemporaine. → Changement d’état : volonté de faire oeuvre de cet acte ↳ Résultat : l’objet adopte un rôle de décor dédié à la production d’une image.

n° Ⅳ : oeuvre photographique Tirage grand format d’une image à vocation esthétique et poétique → Contenu : décor ( instance n°3 ) → Cause fonctionnelle majeure : produire un objet culturel → Causes culturelles majeures : tradition picturale et esthétique, conscience de l’histoire de l’art et de l’art conceptuel → Changement d’état : présence dans un lieu dont la fonction est de montrer de l’art ↳ Résultat : l’oeuvre est considérée comme telle, elle est confrontée à un publique et fait parti d’un ensemble qui la caractérise.

n° Ⅴ : présentation du décor Le décor est exposé à l’entrée de la galerie r -2 ( en sous-sol ) de façon pérenne. → Contenus : ensemble des éléments de l’instance n°3 → Causes fonctionnelles majeures : générer une activité, susciter une pensée, s’enrichir par la commercialisation du décor → Causes culturelles majeures: potentiel séduction de la criminalité, potentiel narratif de l’oeuvre, volonté de créer cette instance en tant qu’instanceet indépendamment de l’instance n° 3, exploiter l’analogie de contexte avec l’instance n°1 (sous-sol) → Changement d’état : Des éléments de l’objet sont volés et détruits ↳ Résultat : l’instance n’est plus formellement identique au décor de l’oeuvre photographique → Changement d’état : la galerie r -2 est fermée. ↳ Résultat : l’oeuvre exposée est dissimulée ( attribut de l’instance initiale )

n° Ⅵ : présentation postérieure de l’oeuvre photographique L’oeuvre est présentée à l’entrée d’une exposition ( position similaire à celle de l’instance n° 5 ) → Cause fonctionnelle : servir une exposition collective → Causes culturelles : conscience de l’historique des instances, conscience du potentiel d’augmentation de l’instance n° 4 par le récit de l’instance n° 5. → Changement d’état : l’oeuvre est documentée par ce texte et intègre le récit de l’ensemble des autres instances. ↳ Résultat : le spectateur est pour la première fois confronté à l’ensemble dans une instance unique ■

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Pierre Delmas Torrell

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